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dimanche 25 mai 2008

Sénégal | L'oppostion perd le sens de l'humour!

Les leaders des partis d'opposition réunis au sein du "Front Siggil Sénégal" l'avaient promis, ils l'ont fait. Ils ont mobilisé la ville de Ziguinchor pour, comme ils savent si bien le faire, peindre en noir bien foncé les actions du Président Abdoulaye Wade et de son gouvernement. L'objectif de ce qu'ils appellent "Marche de mise en garde" était, selon eux, de « montrer que le peuple Sénégalais n’est pas prêt à laisser Me Wade s’installer sur un trône qu’il ne lui a jamais donné ». Ce matin, le professeur Abdoulaye Bathily s'est fortement réjoui de l'adhésion des populations à leur initiative; elles se sont déplacées en masse avec comme seule ambition : mettre un terme aux dérives du pouvoir. Le Sénégal politique se présente aujourd'hui comme un brouillard à l'intérieur duquel les acteurs se lancent des piques et des menaces qui ôtent sommeil et appétit aux cœurs sensibles. Le souhait le mieux partagé par les populations est que le niveau de responsabilité des uns et des autres les guide, pour qu'ils puissent respecter la dose prescrite avant que l'irréparable ne se produise. Á bon entendeur...

dimanche 20 avril 2008

LIVE : OBSEQUES NATIONALES D'AIME CESAIRE

16H07 - La Martinique a fait sa fête à Aimé Césaire, seul homme politique qui a pu faire l'Union sacrée par delà les clivages politiques, pour un jour au moins. L'organisation a été à la hauteur de l'événement, mêlant l'émotion à la parole politique, les petites phrases aux grandes idées. On se souviendra longtemps de ce phénoménal Pierre Aliker qui fait une improvisation et qui cite Marx, devant un parterre de ministres de droite ! Un vrai cours de politique sociale. Ensuite les textes du poète ont retrouvé une vigueur et une jeunesse dans la bouche d'artistes qui firent un relais de pawol. La foule massée ici ne veut pas partir. Place aux motos et à la montée vers La Joyau.

15H56 - Le cortège devrait démarrer. La foule chante. Le peuple ne pleure pas, il est joyeux. Il a salué une dernière fois un homme extraordinaire qui a compté pour la Martinique.

- 15H47 - Remarquable interprétation. Les textes du poète-homme politique ont été magnifiés. Le cercueil est refermé et s'éloigne sous les applaudissements de la foule touchée. Le lambi du Nègre marron salue le Nègre fondamental et fait trembler les murs. Il sillonera la ville avant de rejoindre le cimetière de La Joyau pour une cérémonie dans la stricte intimité.

15H15 - Les artistes citent Césaire, souvent sans texte, par coeur. La foule est muette. Les ministres découvrent le génie nègre... ces fils d'Afrique, enfants cousins de ces Hommes qui "ne se projettent pas vers l'avenir" (Sarkozy Discours de Dakar).

14H57 - Début des commémorations artistiques.

- 14H51 - "Il ne faut jamais permettre que l'intérêt général soit noyé dans les eaux glaçées des intérets privés". Pierre ALIKER cite Karl MARX et a toute sa tête et le dit devant Nicolas Sarkozy... quel courage. Il cite F. MITTERRAND qu'il remercie pour son aide. A noté : il a quitté son texte (qu'il avait du mal à lire) et improive un discours POLITIQUE car Césaire était un POLITIQUE et poète et pas un POETE politique. La foule approuve bruyamment. Sarkozy accuse le coup, il est obligé de rester assis, et en plein décalage horaire ! L'ambiance monte.

14H44 - Emporté par l'émotion, Pierre ALIKER a du mal à poursuivre son discours. Il retrace le parcours d'Aimé Césaire. Une voix claire résonne dans le monde, scellant le pacte d'amitié entre les deux amis.

14H40 - Pierre ALIKER 101 ans, va prendre la parole. Emotion. Il est épaulé par Serge LETCHIMY.

14H37 - Les télévisions du monde entier viennent de prendre l'antenne. D'Haïti au Sénégal les images du stade de Dillon circulent dans le Monde. Un hommage international. Le monde est en Martinique.

14H32 - Nicolas Sarkozy accompagné de Serge LETCHIMY vient d'entrer dans le stade. Il se fige devant le cercueil. Il discute avec Jacques CESAIRE et toute la famille.

14H29 - Arrivée de Nicolas Sarkozy, le service d'ordre est sur les dents. Il est accompagné d'Alliot Marie, de Rama Yade, de Baroin et Bernard Pons.

15h00. Le ciel s'est calmé. Le Stade ALIKER est plein d'une foule en noir et blanc. Les personnalités du monde entier sont en train d'arriver. Le stade bruisse d'éclats, d'applaudissements. Pierre ALIKER, compagnon de route du Césaire progressiste, vient d'entrer sous les ovations. Cette cérémonie est apaisée et joyeuse, ce qui ne manquera pas de perturber les participants européens.

Monseigneur MERANVILLE est même présent, alors que le défunt n'a pas souhaité de cérémonie religieuse. La télévision locale, RFO, vient de faire son mea-culpa, reconnaissant que Aimé CESAIRE a été banni de ses antennes pendant de longues années. Mieux vaut tard...

Sont présents : Alfred Marie-Jeanne, Claude Lise, Karam, Victorin Lurel, François Bayrou, Ségolène Royal, Lilian Thuram, Pierre Mauroy, Lionel Jospin, François Hollande, on attend Sarkozy.

Source : bondamanjak

samedi 19 avril 2008

Sénégal : WADE veut "la fin de la faim"

C'est avec un cœur chargé de rage que le Chef de l'État a présidé Le Conseil présidentiel sur l’Agriculture qu’il a convoqué hier, vendredi 19 avril 2008, au Méridien Président. Il a ainsi lancé sa « Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance » (Goana). Devant ses ministres, gouverneurs, préfets, sous préfets et autres autorités, Le Président Abdoulaye WADE s'est attaqué contre "les croque-morts de la faim", ces ONG qui, dit-il, se livrent à un business voire une vaste escroquerie aux dépens des populations des pays donneurs. C'est ce qu'il qualifie par ailleurs de "scandale du siècle". Les ministres, députés, sénateurs, directeurs de sociétés et tant d'autres décideurs sont priés de cultiver chacun 20 ha pour que le Sénégal puisse réaliser à travers ce programme, deux millions de tonnes de maïs, trois millions de tonnes de manioc, 500000 tonnes de riz et deux millions de tonnes pour les autres céréales tels que le mil, le sorgho etc.

Parallèlement, le ministre du Commerce a plafonné le prix du riz à 280 francs CFA le kilogramme (0,42 Euros). Dans un avenir pas très lointain, le Chef de l'État veut aussi voir le Pays produire 400 millions de tonnes de lait et de 43500 tonnes de viande. "Je souhaite, en passant sur la route, ne voir plus de terres non défrichées, non exploitées", a dit Wade devant les autorités présentes dans la grande salle du Méridien Président. "Ne nous donnez pas de l'argent, mais des semences de qualité, des équipements et matériels agricoles performants, de l'engrais, des produits phytosanitaires et un encadrement technique adapté", a poursuivi Wade à l'attention des partenaires étrangers du Sénégal. On s'attend donc à ce que tout ce beau monde quitte par moment la climatisation et les fauteuils moelleux des bureaux pour partager le chaud soleil des campagnes avec les paysans de Thiadiaye, Ndioudiouf, Djolofira etc. Wait and see!

Souleymane

jeudi 17 avril 2008

Insécurité alimentaire : Les dispositifs d'aide sont inadéquats, selon l'ONU

Lu pour vous

Emeutes de la faim à Port-au-Prince EDUARDO MUNOZ/REUTERS


Confrontée à la flambée mondiale du coût de la nourriture, l'ONU se prépare au pire. " Une des inquiétudes majeures est la possibilité que l'ensemble du système d'aide alimentaire d'urgence soit incapable de faire face ", prévient une note interne de l'ONU dont Le Monde a obtenu une copie. Elle recommande la mise sur pied de " plans d'urgence spécifiques pour répondre aux besoins des populations urbaines ", jusque-là peu touchées par la malnutrition. D'après ce document de travail, la hausse des prix, qui pourrait se révéler non pas passagère mais " structurelle ", risque de plonger dans l'" insécurité alimentaire " des millions de personnes. Et la communauté humanitaire manquera de moyens et d'expertise pour leur porter secours.

Selon le " mémo " de neuf pages produit par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), l'ONU devra répondre aux besoins de " nouveaux groupes de population " à un moment où il y aura " moins de nourriture à distribuer ". Pour cause d'augmentation des prix des aliments et de l'énergie, les agences humanitaires reçoivent moins de dons en nature et doivent dépenser plus pour acheter de la nourriture et la distribuer. Parmi les défis qui attendent l'ONU et qui ne doivent pas être sous-estimés, figure aussi le durcissement de crises locales causé par des " émeutes de la faim ", comme celles qui ont secoué l'Egypte, la Mauritanie, le Mexique, le Maroc, la Bolivie, le Pakistan, l'Indonésie, la Malaisie...Lire la suite

Lettre de Madini'Art du 17 avril 2008

mercredi 16 avril 2008

Sénégal : les agents de l'ex-SOTRAC encore en grève de la faim

"La souffrance est comme une bicyclette, pour la maintenir en équilibre, il faut la mettre en vitesse" disait en substance un grand penseur. Cette assertion trouve preneurs chez les agents de l'ex-sotrac qui disent avoir faim parce qu'étant sans ressources depuis la dissolution de la dite société et qui se lancent dans une grève de la faim illimitée, entamée depuis bientôt cinq jours, pour espérer recouvrer « leurs droits légitimes ». Ils poursuivent leur grève de la faim dans la détermination en déplorant le sort de plus de 65 d'entre eux devenus des fous errants dans la nature, de 400 agents ayant perdu la vie et de plus de 800 familles disloquées. Ils réclament aujourd'hui 81 mois d'arriérés de différentiel de salaires. l'État a déjà fait un geste en ce sens mais il reste, selon leur porte parole, une somme de 7 milliards Cfa à payer et que seul le Président de la République détient la solution. Prions qu'ils soient vite entendus avant que d'autres ne suivent les deux grèvistes déjà évacués à l'hôpital.

Souleymane

lundi 14 avril 2008

Aimé CESAIRE : un soleil levant à 94 ans!

Ces propos tirés d'une correspondance de monsieur Lapoussinière, Président du Centre Césairien d’Études et de Recherches en réponse à une correspondance que lui avait adressé le président du Comité de pilotage du Gala de Reconnaissance lors des préparatifs de l'hommage organisé en l'honneur de Césaire le 26 juin 2007 à Fort-de-france, présentent le chantre de la négritude avec une précision qui frise la perfection. En effet, monsieur Lapoussinière reconnait Aimé CESAIRE comme une boussole pour tous les Africains et Noirs de la diaspora, une étoile polaire, mais aussi et paradoxalement un soleil levant à 94 ans parce que sa pensée est une pensée pour le XXI ème siècle.

Souleymane

vendredi 4 avril 2008

Sénégal : Fête de l'indépendance 2008

Partition des Malorettes du lycée John F. Kennedy
Côté animation, la séquence des majorettes du Lycée John F. KENNEDY est sans doute la plus attendue du défilé du 04 avril du fait du talent des filles accompagnées par le Tambour major de Dakar Doudou NDIAYE Rose. C'est à ce poète des sons qui fête ses cinquante ans de présence sur scène du 26 mars au 1er mai 2008, que le Sénégal doit l'africanisation du défilé des majorettes lors de la fête de l'indépendance, sur la demande du Président poète Léopold Sédar SENGHOR. La veille, Yama DIEDHIOU, responsable des majorettes annonçait les couleurs tout en relatant les difficultés auxquelles elles sont confrontées en ces termes : "Nous nous donnons, corps et âmes pour égayer le public demain, comme d'habi­tude. Quand je dis corps et âmes, c'est parce que nous rencontrons une foule de difficultés surtout sur le plan financier. Nous dégageons notre énergie physique pour monter une chorégraphie tout en pensant à nos problèmes. Car, il ne nous ait pas facile de trouver un budget pour couvrir nos frais. C'est-à-dire habil­ler les Majorettes, les chausser et assurer la restauration, parce qu'el­les se regroupent dans l'enceinte du lycée la veille de chaque défilé, ce qui est coûteux".

Souleymane

Sénégal : 48ème anniversaire de l'indépendance

Me Abdoulaye WADE, à la tête du Sénégal depuis 8 ans, préside aujourd'hui le défilé civil et militaire qui marque le 48ème anniversaire de l'indépendance du pays. Dans son discours à la nation du 03 avril, le Président de la République s'est félicité de la bonne tenue du sommet de l'OCI, appelé les jeunes à préserver les nouvelles infrastructures, rappelé l'importance de l'aide que le gouvernement apporte au monde rural, annoncé la desserte Dakar Rufisque par le démarrage des bateaux taxis dés juillet prochain, pour ensuite accuser un ancien ministre de son gouvernement d'être l'instigateur des grèves qui perturbent le système scolaire sénégalais. Les responsables syndicaux ont aussitôt réagi pour battre en brèches cette accusation qui, pour eux, est synonyme de manque de considération au sérieux qui caractérise leurs revendications. Les responsables des partis d'opposition ont eux aussi envahis les plateaux des radios et télévisions privées pour dénoncer un discours va-t-en-guerre et se disent prêts à faire face. C'est dans cette ambiance que se déroulent les festivités marquant le 48ème anniversaire de l'accession du Sénégal à la souveraineté internationale.

Souleymane

mardi 1 avril 2008

Réaménagement ministériel au Sénégal

N'Diamé Signaté, ministre de l'enseignement technique et de la formation professionnelle et Issa Mbaye SAMB, ministre des sports quittent le gouvernement. Mamadou DIOP Decroix revient au ministère du commerce, Abdou Aziz SOW devient ministre de l'information, de la communication et porte parole du gouvernement et Oumou Khaïry GUEYE Seck retrouve l'élevage. Ousmane NGOM devient ministre des mines, de l'industrie et des PME; le poste de ministère de l'intérieur revient à Cheikh Tidjane SY tandis que Me Madické NIANG hérite du portefeuil de la justice. Le nouveau gouvernement compte au total 29 ministres. Avec la nomination de Landing SAVANE comme ministre d'Etat auprès du Président de la République, le Sénégal se retrouve avec 11 ministres d'Etat.
Souleymane

mardi 18 mars 2008

TIBET - Scènes de lynchage de Chinois par des Tibétains

De jeunes Tibétains déchaînés ont caillassé et battu des Chinois et ont mis le feu à des boutiques, avant que l'armée ne restaure le calme à Lhassa, la capitale du Tibet, ont raconté des touristes qui arrivaient de la région himalayenne.

«C'était une explosion de colère des Tibétains contre les Chinois et les musulmans», a rapporté à l'AFP John Kenwood, un Canadien de 19 ans qui a décrit des scènes d'une violence extrême. Selon son récit et celui d'autres touristes qui sont arrivés aujourd'hui par avion à Katmandou, la capitale du Népal, des bandes de jeunes ont battu et roué de coups des Chinois hans, accusés par les Tibétains de détruire leur culture et leur mode de vie par leur arrivée massive dans la région. Le jeune Canadien affirme ainsi qu'il a vu vendredi quatre ou cinq Tibétains caillasser et frapper «sans pitié» un motocycliste chinois. «Ils ont fini par le mettre à terre, ils l'ont frappé sur la tête avec des pierres jusqu'à ce qu'il perde connaissance. Je pense que ce jeune homme a été tué», relate-t-il, sans être sûr que la victime soit morte. Le gouvernement tibétain en exil a affirmé aujourd'hui que le bilan «confirmé» du nombre de victimes des récentes violences au Tibet s'élevait à 99 morts. Pékin a assuré de son côté que «13 civils innocents» avaient été tués et a affirmé ne pas avoir tiré de coups de feu pour mettre fin aux émeutes.

«Tous ceux qui avaient une apparence de Chinois étaient attaqués»
Les Tibétains «jetaient des pierres à tous ceux qui leur tombaient sous la main», ajoute John Kenwood. «Les jeunes agissaient et les vieux les encouragaient en criant, en hurlant comme des loups. Tous ceux qui avaient une apparence de Chinois étaient attaqués», confirme Claude Balsiger, un touriste suisse de 25 ans. «Ils ont attaqué un vieil homme chinois qui passait sur sa bicyclette. Ils l'ont frappé très violemment sur la tête avec des pierres, de vieux Tibétains sont intervenus pour les arrêter», détaille-t-il. John Kenwood a assisté à une scène de sauvetage similaire survenue alors qu'un Chinois demandait grâce à une foule armée de pierres. «Ils lui donnaient des coups de pied dans les côtes, il avait le visage en sang», raconte-t-il. «C'est alors qu'un homme blanc est arrivé (...) et l'a aidé à se relever. Il y avait autour d'eux une foule de Tibétains, pierres à la main; il a gardé le Chinois près de lui, a fait des gestes vers la foule, et ils l'ont laissé emmener le vieil homme en sécurité».


A l'écoute de ces récits de touristes, un porte-parole du gouvernement tibétain en exil, Thubten Samphel, a qualifié ces violences de «très tragiques». Les Tibétains «ont reçu pour consigne de de pas utiliser la violence dans leur combat», a-t-il dit à l'AFP par téléphone. Les manifestations ont débuté le 10 mars, à l'occasion du 49e anniversaire du soulèvement anti-chinois de Lhassa en 1959. Samedi, les autorités chinoises avaient repris le contrôle de la capitale tibétaine. L'armée a notamment ordonné aux touristes de rester dans leur hôtel d'où, selon leurs dires, ils ont pu entendre des coups de feu et les détonations de grenades lacrymogènes. Lundi, les touristes étaient à nouveau autorisés à circuler mais régulièrement, ils devaient montrer leur passeport à des points de contrôle. «Les magasins étaient complètement brûlés. Toutes les marchandises étaient dans la rue, brûlées. De nombreux bâtiments étaient vides», témoigne Serge Lachapelle, un touriste canadien. «Le quartier musulman était complètement détruit, toutes les boutiques étaient détruites», déclare John Kenwood.

Angela Merkel exprime la honte de l'Allemagne à la Knesset

Reuters - La chancelière Angela Merkel, qui s'adressait mardi au parlement israélien en allemand et en hébreu, a dit s'incliner avec honte devant les victimes de l'Holocauste.

Cinq des 120 députés de la Knesset ont boycotté son discours en déclarant ne pas vouloir entendre parler allemand. Mais ceux qui ont écouté Merkel du début à la fin de son intervention l'ont applaudie. "C'est pour moi un grand honneur de vous parler dans cette honorable assemblée", a dit Merkel en hébreu. "Je vous remercie tous de m'autoriser à vous parler aujourd'hui dans ma langue maternelle", a-t-elle poursuivi en allemand. "La Shoah nous remplit de honte, nous, Allemands", a-t-elle dit en employant le terme hébreu désignant l'Holocauste dans lequel ont péri six millions de Juifs. "Je m'incline devant les victimes. Je m'incline devant tous ceux qui ont aidé les survivants."

Premier chef de gouvernement allemand né après la Seconde Guerre mondiale, Merkel, 53 ans, est aussi le premier à être invité à prendre la parole devant la Knesset. Elle achevait mardi une visite hautement symbolique de trois jours marquant le 60e anniversaire de la création d'Israël. La chancelière a aussi eu droit à des applaudissements nourris lorsqu'elle a conclu son discours par ces mots prononcés en hébreu: "Félicitations pour les commémorations du 60e anniversaire de l'Etat d'Israël. Shalom." Le programme nucléaire de l'Iran a figuré en bonne place dans les entretiens de Merkel avec les dirigeants israéliens. "L'Allemagne se concentre avec ses partenaires sur une solution diplomatique. Si l'Iran ne cède pas, le gouvernement allemand continuera à défendre résolument les sanctions", a-t-elle dit mardi. Son discours était retransmis en direct sur deux chaînes de télévision israéliennes et trois chaînes allemandes.

"L'IRAN DOIT CONVAINCRE LE MONDE"

Merkel et son homologue israélien Ehud Olmert ont déclaré lundi que leurs pays s'inquiétaient au même point des ambitions nucléaires de l'Iran et insistaient sur la nécessité de mettre fin à ses activités d'enrichissement de l'uranium. L'Iran, l'un des ennemis les plus acharnés d'Israël, affirme ne pas chercher à se doter d'armes atomiques et dit mener un programme nucléaire pour produire de l'électricité. Mais le président iranien a dit qu'Israël devait être "rayé de la carte" et Olmert considère le programme nucléaire de Téhéran comme une menace pour l'existence de son pays. "Les menaces que lance le président de l'Iran contre Israël et le peuple juif sont sans aucun doute un sujet d'inquiétude particulier", a déclaré Merkel aux députés. Ses calomnies répétées et le programme nucléaire iranien mettent en péril la paix et la sécurité. "Si l'Iran acquiert la bombe atomique, les conséquences en seraient dévastatrices (...) Cela doit être empêché."

Israël, qui passe pour posséder l'unique arsenal atomique du Proche-Orient, juge possible que l'Iran dispose d'une bombe nucléaire d'ici à 2010. "Ce n'est pas au monde de prouver à l'Iran que l'Iran fabrique la bombe nucléaire. L'Iran doit convaincre le monde qu'il ne convoite pas la bombe nucléaire", a dit Merkel. Olmert a indiqué précédemment qu'il étudierait tous les moyens d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, mais les dirigeants israéliens se sont abstenus de menacer directement la République islamique d'une attaque militaire. Parmi ses armements stratégiques, l'Etat juif dispose de trois sous-marins de classe Dolphin fournis par l'Allemagne. Dans son discours, la chancelière - qui s'est rendue lundi au mémorial de l'Holocauste à Yad Vashem - a déclaré que tout chancelier allemand ressentait la "responsabilité historique" de l'Allemagne envers la sécurité d'Israël. "J'ai la conviction profonde que nous ne pouvons édifier l'avenir de façon humaine que si l'Allemagne reconnaît ouvertement sa responsabilité perpétuelle dans le désastre moral survenu dans l'histoire allemande", a-t-elle dit en qualifiant les relations germano-israéliennes d'excellentes. Olmert, intervenant durant la séance, a présenté Merkel comme une "amie constante" et déclaré que les liens bilatéraux avaient "transcendé les événements sombres et sinistres".

Version française Philippe Bas-Rabérin


BAMAKO - Otages autrichiens au Maghreb: ultimatum repoussé, la Lybie contacte les ravisseurs

La Libye a établi un contact avec les ravisseurs de deux Autrichiens enlevés par la branche d'Al-Qaïda au Maghreb, a-t-on appris mardi de source diplomatique, au lendemain de la prolongation de l'ultimatum jusqu'au 23 mars. "Je viens d'apprendre que la Libye a pu, par des intermédiaires, établir le contact avec les ravisseurs des deux otages", a déclaré un diplomate depuis Bamako, s'exprimant sous couvert de l'anonymat. "Les négociations se poursuivront" et "les otages se portent bien", a-t-il précisé. Selon certaines informations, les ravisseurs et leurs otages se trouvent dans le nord du Mali, mais les autorités de Bamako n'ont officiellement pas confirmé leur présence.

Le gouvernement autrichien avait confirmé lundi des contacts avec Tripoli en vue de la libération des otages. Al-Qaïda au Maghreb a de son côté prolongé au dimanche de Pâques 23 mars à minuit son ultimatum et a menacé de les tuer en cas de tentative de les libérer par la force, dans un communiqué publié sur l'internet lundi. La fondation Kadhafi est chargée de l'affaire, selon des sources proches du dossier. C'est grâce à la fondation Kadhafi que 15 des 22 derniers otages, des militaires maliens, détenus par un groupe de Touareg armés avaient été libérés le 7 mars. Les sept autres otages avaient été libéré après une intervention des notables et cadres de la région de Kidal (nord-est). La présidence malienne avait alors exprimé sa "reconnaissance au guide libyen pour son action fraternelle qui a largement contribué à cette sortie de crise". "Il y a des contacts partant de Vienne dans les pays de la région, au niveau politique et des fonctionnaires, et la Libye en fait partie", a indiqué lundi à l'AFP Martin Gärtner, un porte-parole du ministère autrichien des Affaires étrangères. Le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer a pour sa part, selon son conseiller Bernd Wrabetz, "beaucoup téléphoné ces derniers jours". Ce conseiller n'a toutefois pas voulu confirmer une conversation téléphonique entre M. Gusenbauer et le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, dont a fait état la presse autrichienne et l'agence de presse libyenne Jana. L'envoyé spécial du gouvernement autrichien, l'ancien ambassadeur à Paris jusqu'en 2007, Anton Prohaska, a de son côté entamé des contacts à Bamako. Selon le ministère autrichien des Affaires étrangères, il a "personnellement rencontré (dimanche) le président Amadou Toumani Touré pour l'informer du cas" des deux touristes enlevés

lundi 3 mars 2008

Tchad: l'opposant Yorongar "se sent très mal" et va aller en Europe

L'opposant tchadien Ngarlejy Yorongar, arrivé dimanche à Yaoundé après avoir été porté disparu pendant un mois, "se sent très mal" et va se rendre en Europe pour des examens médicaux dans les prochains jours, a déclaré lundi son fils aîné à l'AFP. "Je l'ai eu ce matin au téléphone, il est fatigué mais il a le moral", a affirmé Rokoulmian Yorongar, joint au téléphone depuis Libreville. "Il se sent très mal à cause des tortures endurées pendant sa détention et du stress des derniers jours", a-t-il ajouté. "Il a besoin d'un check-up complet en Europe, il ne va pas tarder à venir en Europe, c'est une question de jours", a-t-il précisé.

Interrogé sur la destination, Rokoulmian Yorongar, qui vit en France, a répondu: "Tout est ouvert. Il se donne 48 heures de réflexion". Une source diplomatique dans la capitale camerounaise avait auparavant affirmé à l'AFP qu'il était "possible" que le député tchadien, opposant irréductible au président Idriss Deby Itno, se rende en France. Ngarlejy Yorongar avait disparu depuis son arrestation, le 3 février à N'Djamena, à l'issue d'une attaque rebelle ratée contre le pouvoir du président Deby. Selon les témoignages concordants recueillis par l'AFP et des organisations internationales de défense des droits de l'Homme, il avait été arrêté par les services de sécurité tchadiens. Samedi, il a fait sa réapparition, en appelant son fils aîné, mais aussi dans un entretien publié par le magazine Afrique Education, auquel il a confirmé avoir été arrêté par l'armée tchadienne, qui l'a détenu avant qu'il ne parvienne à fuir au Cameroun dans des circonstances encore peu claires. Hormis ce témoignage, Ngarlejy Yorongar ne s'est pas exprimé en public pour l'instant. "Il s'est terré jusqu'ici car sa sécurité n'était pas assurée dans le nord du Cameroun, qui est très proche du Tchad", a justifié lundi son fils. "Il a besoin de décompresser, c'est pour ça qu'il attend avant de s'exprimer dans la presse", a-t-il ajouté, précisant avoir reçu de son père l'interdiction de communiquer son numéro de téléphone au Cameroun.

"Je préfère ne pas dire, par mesure de sécurité, quel organisme l'a pris en charge", a encore expliqué Rokoulmian Yorongar.

mercredi 27 février 2008

MAROC: Les Marocains ne doivent pas sous-estimer le terrorisme

RABAT, 27/02 - Le ministre marocain de la Communication a appelé les Marocains à ne pas sous-estimer le terrorisme et critiqué des médias qui mettaient en doute les résultats de l`enquête policière ayant abouti la semaine dernière au démantèlement d`un "réseau jihadiste".
L`arrestation de six cadres islamistes marocains réputés modérés dans le cadre de cette affaire avait suscité des interrogations dans plusieurs médias. "La présomption d`innocence est sacrée, mais cela ne veut pas dire que les découvertes des autorités sécuritaires doivent être mises en doute", a déclaré mardi soir à la télévision Khalid Naciri, une semaine après l`arrestation de 35 membres présumés de ce réseau.

"Le peuple est appelé à faire preuve d`une très grande vigilance et l`erreur la plus grave serait de sous-estimer le terrorisme", a-t-il dit lors de l`émission Hiwar (Dialogue) de la télévision nationale. Selon les enquêteurs, le Belgo-marocain Abdelkader Belliraj serait le chef présumé du réseau démantelé qui se préparait à perpétrer des actes de violence au royaume. "Moi aussi j`ai été surpris par les informations", a admis le ministre, ajoutant qu`il était lui-même "parmi ceux qui défendaient leur droit (les islamistes modérés) à créer un parti politique". Source AngolaPress


Farc : 4 otages libérés pour raisons de santé

Les quatre anciens parlementaires, otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), ont été libérés entre le Venezuela et la Colombie a annoncé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Barbarra Hintermann, responsable de l'organisation en Colombie, a précisé que les quatre ex-otages "sont dans un état de santé leur permettant de voyager jusqu'à Caracas".

Annoncée le 2 février dernier par la guérilla , cette libération est présentée par les Farc comme une "reconnaissance aux efforts persistants d'Hugo Chavez". À l'annonce de la nouvelle, Bernard Kouchner évoque "un puissant encouragement" pour obtenir celle des autres otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt. "Je m'y suis employé lors de mon déplacement au Venezuela et en Colombie la semaine dernière. La survie des otages les plus affaiblis, comme notre compatriote Ingrid Betancourt, dont nous venons de marquer la 6e année de détention par les Farc, est en effet en jeu".

Mission semblable à celle du 10 janvier

Ce second "geste unilatéral" de la part de la guérilla marxiste intervient un mois et demi après la libération de Clara Rojas, ex-directrice de campagne d'Ingrid Betancourt, et de l'ancienne sénatrice Consuelo Gonzalez . Fort de la réussite de cette première opération, Hugo Chavez, le président vénézuélien reconnu par les Farc comme leur unique interlocuteur, a décidé d'organiser, mercredi, une mission en tout point semblable à celle du 10 janvier dernier. Tôt dans la matinée, deux hélicoptères du CICR ont décollé du Venezuela pour rejoindre San José del Guaviare, en Colombie. À leur bord, le ministre de l'Intérieur vénézuélien, la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, des délégués de la Croix-Rouge, des médecins, et un caméraman de la chaîne de télévision d'Hugo Chavez, Telesur.

Hugo Chavez absent de la scène médiatique

Après une courte escale sur la base de San José, les hélicoptères ont redécollé pour se rendre au point de remise des otages communiqué par les Farc. Une fois les otages à bord, les hélicoptères sont restés deux heures cloués au sol, le temps pour les guérilleros de se disperser dans la jungle. Les engins ont ensuite rejoint la petite ville frontalière de San Domingo (Venezuela) d'où la nouvelle de leur libération a été annoncée. L'unique différence entre les deux opérations réside dans la médiatisation d'Hugo Chavez. Omniprésent lors de la libération de Clara Rojas et de Consuelo Gonzalez , le président vénézuélien s'est montré bien plus discret cette fois-ci. Est-ce le signe que d'autres libérations sont en préparation ? Le 8 février, la sénatrice Piedad Cordoba avait exprimé à la France son "absolue certitude qu'Ingrid Betancourt sera libérée dans très peu de temps" ... Source : Le Point.fr

Cameroun: fin officielle de la grève, mais poursuite des incidents

DOUALA (AFP) — Les syndicats des transporteurs du Cameroun ont obtenu une baisse du prix du carburant et ont décidé d'arrêter leur grève commencée lundi et émaillée de violents incidents, a rapporté mercredi la radio nationale. Selon la radio, les transporteurs ont obtenu dans la nuit de mardi à mercredi que le prix du litre d'essence baisse de 6 francs CFA, passant de 600 FCFA (0,91 euros) à 594 FCFA (0,90 euros). Ils ont donc lancé un mot d'ordre de reprise du travail. Les syndicats ont également appelé au calme. Mais selon des témoignages recueillis par l'AFP, des incidents ont de nouveau éclaté mercredi dans plusieurs quartiers de Douala, la capitale économique du Cameroun. Des tirs ont retenti à Bonaberi, quartier de Douala où les incidents de lundi entre forces de l'ordre et manifestants avaient été particulièrement violents, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les forces de l'ordre ont pris position sur le grand pont au-dessus du fleuve Wouri qui traverse la ville. Dans cette ville, bastion traditionnel de l'opposition, la circulation était nulle, malgré l'annonce de l'accord entre les transporteurs et la Caisse de stabilisation du prix des hydrocarbures (CSPH). Des coups de feu et des colonnes de fumée ont également été signalés dans la ville de Buéa (sud-ouest). A Yaoundé, le trafic a repris en début de matinée avant de s'interrompre à nouveau la mi-journée. La situation était très tendue. "Les boutiques et magasins sont fermés. Tout le monde essaie de rentrer à la maison", a affirmé à l'AFP par téléphone une habitante. Des bandes de casseurs continuaient de sévir dans certains quartiers, et les stations d'essence sont demeurées fermées par peur des attaques, a constaté un journaliste de l'AFP. C'est précisément l'augmentation du prix de l'essence passé de 584 FCFA (0,89 euros) à 600F CFA le 7 février qui avait conduit les transporteurs, notamment les très nombreux chauffeurs de taxi et de moto-taxi, à entrer en grève lundi.

En marge de ce mouvement, des violences se sont produites lundi et mardi et ont fait au moins huit morts, essentiellement à Douala, la capitale économique du pays, selon un bilan établi par l'AFP. Ces incidents s'inscrivent dans un climat social dégradé en raison du renchérissement de plusieurs produits de première nécessité, mais aussi dans un contexte politique tendu en raison du projet de révision de la constitution, visant à autoriser le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, à briguer un nouveau mandat en 2011. Dès la mi-janvier, les autorités de la région de Douala avaient interdit les manifestations. Mais samedi, dans le sillage de la dispersion d'un rassemblement de l'opposition contre la révision constitutionnelle, des incidents ont fait au moins un mort dans cette ville.

Sarkozy s'arrête au Tchad avant de gagner l'Afrique du Sud

En route pour l'Afrique du Sud, Nicolas Sarkozy devait faire étape ce mercredi après-midi à N'Djamena pour tenter de convaincre son homologue tchadien Idriss Déby d'accepter la création d'une commission d'enquête internationale sur la disparition de deux de ses opposants. Ngarlejy Yorongar et Ibni Oumar Mohamat Saleh sont portés disparus depuis un mois, et l'ancien président Lol Mahamat Choua a été arrêté. Amnesty International accuse Idriss Déby de mener une chasse aux opposants sous le couvert de l'état d'urgence décrété le 14 février après la tentative de putsch des rebelles, des 2 et 3 février. La Commission européenne exige qu'il libère les opposants politiques "détenus arbitrairement". Alors que la France -qui compte 1.100 soldats postés au Tchad- a été montrée du doigt pour son soutien logistique à l'armée tchadienne, Paris durcit le ton. "L'amitié entre nos deux pays ne pourra grandir qu'à condition que le processus de démocratisation reprenne et s'accélère", a prévenu mardi soir le porte-parole de l'Elysée David Martinon. Source : Le Nouvel Observateur

Nicolas Sarkozy devait donc demander au président tchadien de "relancer le dialogue politique inter-tchadien" mais aussi que "toute la lumière soit faite sur la disparition des deux opposants". Il comptait en particulier insister sur la nécessité de constituer une "commission d'enquête crédible, internationale". Les avocats des deux opposants disparus ont demandé mardi au président français de "rencontrer" leurs clients au Tchad, et de s'informer sur les charges qui pèsent contre eux. Ne souhaitant pas apparaître comme "l'avocat d'un chef d'Etat particulier", Nicolas Sarkozy a "hésité" à se rendre à N'Djamena, affirmait-on à Paris. Il a toutefois "fait le choix d'y aller" pour tenter de relancer la démocratisation du régime. C'est ce qu'il a expliqué mercredi matin, selon M. Martinon, aux six organisations de défense des droits de l'Homme qu'il a reçues à l'Elysée avant son départ. Il dînera par ailleurs avec les soldats français, qui ont assuré l'évacuation des ressortissants occidentaux début février. Nicolas Sarkozy devrait également évoquer avec son homologue le déploiement dans l'est du pays des soldats de la mission européenne de maintien de la paix (EUFOR). Entre 500 et 600 hommes y sont actuellement déployés, l'objectif affiché étant de 3.700 hommes d'ici juin prochain. Le président français se rend par ailleurs au Tchad alors qu'une demande de grâce a été transmise à N'Djamena par les six membres de l'Arche de Zoé. Idriss Déby avait laissé entendre le 7 février qu'il pourrait accorder sa grâce aux Français condamnés le 26 décembre au Tchad à huit ans de travaux forcés pour avoir tenté d'emmener en France 103 enfants présentés à tort comme des orphelins du Darfour. Mais "les objectifs du voyage ne sont pas ceux-là", affirmait-on à l'Elysée. Nicolas Sarkozy s'envolera ensuite pour l'Afrique du Sud, où il est attendu jeudi matin. Selon le ministère sud-africain des Affaires étrangères, il sera accompagné par son épouse Carla Bruni, qui participera ainsi à sa première visite officielle en tant que "première dame". "Rien n'est arrêté", disait-on toutefois mardi à l'Elysée au sujet de la présence de Mme Sarkozy. Selon le ministère sud-africain, le couple achèvera sa visite avec un séjour privé.

Nicolas Sarkozy s'entretiendra jeudi avec le président Thabo Mbeki, puis prononcera un discours devant le Parlement au Cap. Il rencontrera vendredi matin Jacob Zuma, président de l'African National Congress (ANC) et favori à la succession de M. Mbeki l'an prochain, et visitera l'ancienne prison de Robben Island où a été détenu Nelson Mandela. Scorté par une quarantaine de chefs d'entreprise française, Nicolas Sarkozy devrait assister à la signature de plusieurs contrats. L'un d'eux portera sur la création d'une centrale à charbon par Alstom, pour 1,4 milliard d'euros. Un autre prévoit un appui financier de l'Agence française de développement pour la construction d'un parc d'éoliennes (100 millions d'euros). L'Afrique du Sud, victime de coupures électriques régulières, a lancé un programme de construction de 12 réacteurs nucléaires. Le groupe français Areva s'est porté candidat le 31 janvier à l'appel d'offres lancé par l'électricien sud-africain Eskom. Il ne devrait toutefois pas y avoir d'annonces dans ce domaine lors de la visite présidentielle. L'objectif est de "renforcer notre partenariat stratégique" avec un pays qui est "un modèle de réussite sur le continent africain", selon M. Martinon. AP

mardi 26 février 2008

Cameroun : nouvelles violences à Douala

Les violents incidents qui ont eu lieu au Cameroun en marge de la grève des transporteurs entre policiers et manifestants ont fait quatre morts et de nombreux blessés.

Paul Biya
Le président camerounais, Paul Biya

Commerces, écoles et stations d'essence étaient fermés dans la deuxième ville du pays où certains édifices publics ont été incendiés. Plusieurs ministres se sont dit surpris par l'ampleur de la grève.

Le ministre de la communication a presenté les condoléances du gouvernement aux familles des victimes, sans pour autant donner de bilan. Il a assuré que le calme reviendra à Douala. La grève a été largement suivie dans d'autres villes, notamment à Yaoundé, la capitale qui a été paralysée. Les transporteurs ont lancé leur mouvement pour protester contre la hausse du prix de l'essence.

Cette grève intervient 48 heures après une manifestation de l'opposition à Douala. La manifestation de samedi était organisée pour protester contre la révision de la Constitution annoncée par le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, en vue de lui permettre de briguer un nouveau mandat. Dans un communiqué, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, le parti au pouvoir, a dénoncé les "violences aveugles" qui affectent le pays. Le RDPC invite, par ailleurs, les dirigeants politiques et les responsables sociaux à privilégier le dialogue. Le RDPC accuse des responsables politiques, sans pour autant les nommer, de manipuler les manifestants. Source : BBC Afrique

vendredi 22 février 2008

L'ambassade des États-Unis brûle à Belgrade

Ils étaient des centaines de milliers, jeudi, dans la capitale serbe à protester après la proclamation d'indépendance du Kosovo.

Ce fut la plus grande manifestation depuis le rassemblement qui avait jeté un demi-million de personnes dans la rue pour réclamer le départ de Slobodan Milosevic, en 2000. jeudi, près de 200 000 Serbes se sont rassemblés devant le Parlement, à l'appel du premier ministre nationaliste Vojsilav Kostunica et du puissant parti d'extrême droite de Tomislav Nikolic, le SRS. Une foule immense décidée à s'opposer à l'indépendance du Kosovo, que les Serbes considèrent comme le berceau de leur culture. Sur des banderoles, les mêmes slogans réaffirmés depuis la fin de la guerre du Kosovo, en 1999 : «Le Kosovo est à nous», «le Kosovo est à la Serbie». Appelés par les nationalistes à refuser la sécession de cette ancienne province de Serbie, les manifestants avaient afflué de tout le pays, convoyés dans des bus affrétés par les autorités. La journée avait été décrétée fériée, comme pour l'enterrement d'un grand leader national. Le rassemblement a dégénéré lorsque des extrémistes ont attaqué l'ambassade des États-Unis inoccupée, considérés, avec l'Union européenne, comme les principaux responsables de l'indépendance du Kosovo. Des casseurs ont mis le feu à la chancellerie. Un corps carbonisé non identifié aurait été extrait des lieux. Des incidents se sont également produits devant les ambassades de Croatie, de Turquie et d'Allemagne.

Démonstration de force

Invité vedette à la tribune, le premier ministre Vojislav Kostunica a promis à la foule que «personne, en Serbie, n'aura jamais le droit d'autoriser» l'indépendance du Kosovo, comme l'avait déjà fait Milosevic devant les Serbes du Kosovo en 1989, dans un discours qui avait relancé le nationalisme et mis le feu aux poudres dans les Balkans. Quant à l'ultranationaliste Nikolic, il a assuré que les Serbes «ne connaîtront pas de repos tant que le Kosovo ne sera pas revenu sous le contrôle de la Serbie». Seul le président Boris Tadic qui, malgré le soutien apporté par les pays européens à Pristina, veut poursuivre le rapprochement de son pays avec l'UE, et qui avait préféré se rendre en Roumanie plutôt que de cautionner la manifestation des nationalistes, a tenté de calmer le jeu. Depuis Bucarest, il a assuré que «la Serbie ne s'engagera pas dans la voie de l'isolement» et qu'elle «ne renoncera pas à son avenir en Europe». Une déclaration qui a rassuré tous ceux qui pensent que cette démonstration de force est la dernière, celle qui permettra une catharsis salvatrice pour la Serbie. Elle intervient pourtant dans un contexte tendu. À Belgrade, où des ultranationalistes s'en étaient déjà pris dimanche aux intérêts occidentaux et où les autorités ont rappelé les ambassadeurs des pays ayant reconnu l'indépendance du Kosovo. Mais aussi à Mitrovica, dans la partie nord du Kosovo, où les Serbes manifestent chaque jour pour réaffirmer la souveraineté de Belgrade sur leur ancienne province. Les autorités serbes ont assuré qu'elles n'utiliseraient que des moyens diplomatiques pour s'opposer au départ du Kosovo. Après avoir livré et perdu quatre guerres dans les Balkans depuis le début des années 1990, les Serbes n'ont plus ni l'envie ni les moyens d'en découdre à nouveau avec les Albanais et l'Otan. Mais les risques de débordements existent. Ils sont d'autant plus réels que le premier ministre Kostunica, au lieu de faire preuve de pragmatisme et de coopérer pour trouver une solution sur le Kosovo, a depuis plusieurs années entretenu les frustrations des Serbes et flatté le nationalisme des radicaux.

Reste à savoir si, en manifestant, les Serbes se bornent à montrer leurs muscles tout en sachant qu'il leur faudra demain regarder vers l'avenir. Ou s'ils sont prêts, forts du soutien russe et déçus par l'Union européenne, à déstabiliser à nouveau une région qui sort à peine de la guerre. Ils ont pour cela plusieurs cartes en main. ls pourraient d'abord décider d'officialiser la partition du nord de Mitrovica afin de la rattacher à la Serbie. Les attaques des postes frontières séparant la Serbie et le Kosovo, qui se sont produites mardi et à nouveau jeudi à Merdare, sont hautement symboliques. Autre sujet d'inquiétude : les autorités serbes vont-elles encourager les velléités sécessionnistes de la Republika Srpska, l'entité serbe de Bosnie, dont les ultranationalistes demandent le rattachement à la mère patrie ? Un tel mouvement risquerait de faire exploser les accords de Dayton, qui ont mis fin à la guerre de Bosnie en 1995. Beaucoup dépendra de l'influence et de la force de conviction que réussira ou non à avoir le président Boris Tadic. Source : Le Figaro


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jeudi 21 février 2008

PARIS - Rétention de sûreté: les Sages censurent partiellement la loi Dati

AFP - Le Conseil constitutionnel n'a censuré que partiellement jeudi le projet de loi Dati sur la rétention de sûreté, en validant le principe d'un enfermement à vie pour les criminels dangereux tout en aménageant son application rétroactive. Les Sages, qui avaient été saisis par les parlementaires socialistes, ont jugé que la rétention de sûreté n'était pas une peine -donnant ainsi raison à la garde des Sceaux, Rachida Dati- et que, par conséquent, la question de la rétroactivité, le point le plus contesté, ne se posait donc pas. Ils ont tout de même fortement limité la possiblité d'appliquer cette mesure à des criminels déjà condamnés avant la promulgation de la loi. Ces criminels ne pourront être enfermés dans les centres spéciaux que s'ils violent les obligations auxquelles il sont soumis à leur sortie de prison, comme le port du bracelet électronique, la présentation régulière au commissariat ou l'obligation de se soigner.

La ministre de la Justice a immédiatement souligné dans un communiqué que le Conseil constitutionnel avait "validé le principe de la rétention de sûreté" malgré cette censure partielle. Mme Dati a dit prendre "acte de la décision du Conseil constitutionnel" qui "a jugé que la rétention de sûreté (était) constitutionnelle". Les Sages ont "reconnu que c'est une mesure de sûreté et non une peine et que les garanties prévues par la loi sont suffisantes pour encadrer ce dispositif", a ajouté la ministre. "Le Conseil constitutionnel valide donc le principe de la rétention de sûreté", a insisté Mme Dati. Le Conseil a néanmoins censuré partiellement les dispositions portant sur l'application de la rétention de sûreté aux personnes condamnées avant la promulgation de la loi du 11 août 2007. "Il a estimé que la rétention de sûreté n'est pas applicable automatiquement aux personnes déjà condamnées" mais "sera immédiatement applicable à ceux qui violeront les obligations qui leur seront imposées après leur peine, comme l'a prévu la loi", a souligné Mme Dati. Ces obligations concernent notamment celle de se présenter régulièrement au commissariat, de se soigner ou de porter un bracelet électronique mobile.