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mercredi 14 septembre 2016



Mame Abdoul Aziz Sy Dabaax, 19 ans après !



Soustraite à l’emprise du temps, son œuvre raconte son histoire. Il a vu le jour et grandi dans un merveilleux espace d’écriture et de savoir structuré par son illustre père El hadj Malick Sy (rta). C’est dire que le commencement annonçait déjà l’aboutissement. Mame Abdou portait en lui le message du Prophète Mohamed (saws) avec une capacité impressionnante à l’expliquer, le traduire en actes, le transmettre. Dix-neuf ans après son rappel à Dieu, c'est toujours avec la même émotion que tous ceux qui l’ont connu se remémorent le souvenir de notre regretté grand père et guide, unanimement apprécié et admiré.
Il a réformé tant de cœurs et influencé tant de choix de vie. C’est encore un honneur tout autant qu’une peine d’évoquer ses hauts mérites d’homme, son courage admirable, sa tempérance remarquable et ses messages visionnaires.
Son pseudonyme  Al-Dabbâgh (le tanneur), affectueusement converti par le plus grand nombre en « Daa baax » pour dire simplement « il est bon », est hérité de son homonyme Shaykh Abd al-'Azîz al-Dabbâgh. Ce grand maître spirituel est l’auteur du Kitâb al-Ibrîz (le Livre de l'or pur), ouvrage que Mame Maodo était en train de lire au moment où on lui annonçait la venue au monde du rassembleur.
Mame Abdou vous fascinait à première vue et vous témoignait toujours un respect cérémonieux et sincère, quels que soient le statut et le rang que la société pouvait vous attribuer. Son écoute n’avait pas de limite et vous étiez toujours sûr de trouver chez lui le secours et l’honneur que la société pouvait vous refuser pour une raison ou pour une autre ; le droit à la dignité étant pour lui un principe de base.
Dans ce monde du tout-argent, les hautes sphères de la société sont habituellement réservées aux décideurs politiques et aux opérateurs économiques de renom ; c’est connu. Quant à Mame Abdou, son cœur était sa cour et était ouvert à tous. Il faut lui avoir rendu visite pour vous rendre compte que vous y aviez votre place. Aujourd’hui encore, quelle que soit l'immensité de la détresse qui vous assaille, il vous suffit de convoquer le souvenir de sa présence joyeuse et stimulante, de l'écouter pour se sentir bien.
Au soir de sa vie, alors que son état de santé commençait à réagir par des signes de flexion, il récusait encore l’indifférence et la passivité face à la dépravation morale de l’humanité. Il continuait à promulguer ses précieux enseignements avec une voix certes affaiblie, mais avec une ténacité dans l’effort et une constance que seule la mort pouvait arrêter.
Mame Abdou a magnifiquement rempli sa mission. Sa  foi immuable en Dieu, sa maîtrise des sciences islamiques, sa bonté, son courage et son sang-froid dépassent tout entendement. Son héritage est entre nos mains, chacun d’entre nous se doit de le faire vivre.





mardi 22 septembre 2015

Mame Abdoul Aziz SY Dabaax, dix huit ans après!



Revisiter la vie de Mame Abdou, c’est comme lire un recueil de toutes les recommandations divines ;  sa conduite irréprochable lui valut l’admiration de tous. Il était l’une des figures les plus marquantes dans la chaîne de transmission du message du prophète Mouhamed saws. En ce sens, il s’est attelé,  sans repos, jusqu’au 14 septembre 1997, à repousser les frontières de l’ignorance.
Nous le savons également, plus le périmètre de la vérité s’élargit, plus celui de la complaisance se rétrécit. Ainsi, sa conception de la tolérance, si forte fût-elle, ne l’a jamais empêché de placer l’exigence de vérité et le respect des règles de vie édictées par le Créateur Suprême au dessus de tout le reste, pour que l’interaction sociale se déroule de la meilleure des manières. Ceux qui l’ont connu n’oublieront jamais l’homme à la fois avenant et véridique qu’il a été.
Mame Abdou était immensément accueillant et appréciait les nouvelles rencontres comme si tous ses visiteurs étaient de vieilles connaissances, des amis de toujours. Chez lui, le respect de l’autre ne prenait en compte ni les titres, ni les soi-disant inégalités de naissance, ni les grades qu’il considérait comme secondaires. Tous les humains, toutes les créatures méritaient son attention.
Posséder ne l’intéressait guère. Il savait aider l’autre à se méfier de ce qu’il veut, si ses désirs et ses ambitions n’étaient pas en phase avec les valeurs de l’islam. Il savait aider l’autre à puiser dans la foi les ressources nécessaires pour dominer ses souffrances et même en tirer le meilleur profit, lorsque sa vie était soumise aux épreuves les plus dures. Il avait toujours le propos qu’il faut pour aider l’autre à éviter l’envie du pire et rester debout dans les moments difficiles.
Le Sénégal a confié à sa mémoire la vie de Mame Abdou et convoque, à chaque fois que nécessaire, ses messages de raison et de salut pour ramener la sérénité dans les cœurs et renforcer la cohésion sociale. Il savait aider l’autre à éviter la honte éternelle qui peut découler des plaisirs éphémères enrobés dans les interdits divins, mais aussi les pièges de l’aisance, de l’abondance pouvant conduire à la suffisance voire l’arrogance. Son exemple rappelle à chacun d’entre nous la nécessité de dévouer sa vie à sa communauté en donnant toujours de sa personne dans les petits gestes quotidiens.
Nous pleurons certes d’avoir perdu Dabaax, mais nous nous réjouissons beaucoup plus de l’avoir connu. Qu’Allah l’accueille dans son paradis éternel.