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jeudi 14 septembre 2017

Mame Abdoul Aziz Sy Dabaax, 20 ans après



Il serait à souhaiter que les vertueux demeurent toujours. Hélas ! la mort est une des épreuves que l’on subit toujours avec résignation. Pour Mame Abdou, il n’y avait pas d’occasion particulière à faire œuvre utile, il répétait sans cesse les mêmes actions : faire passer l’autre avant lui-même, transmettre le savoir, éveiller les consciences, éclairer les esprits, consacrer au collectif toute son énergie, toute son influence, tout son temps. Il a rempli sa mission avec exactitude.

De son vivant, il n’y eut aucune résolution d’une crise d’ampleur qui ne lui doive une grosse part. Les bienfaits qu’il a si généreusement et si humblement rendus à l’humanité justifient les nombreux témoignages d’affection et de reconnaissance exprimés à profusion en ce jour anniversaire de son rappel à Dieu, même si, c’est connu de tous, sa  modestie  imperturbable s’accommode mal de propos élogieux à son endroit.

La richesse de l’œuvre qu’il a accomplie lui vaut l’acquiescement unanime de ses semblables, reconnaissant en lui un digne représentant du prophète Mohamed saws. Il était également un bon citoyen, un homme d’action et de réflexion assidûment attentif aux préoccupations de ses concitoyens dans un esprit de fraternité et de justice.

Par ces temps où nombre de citoyens,  par écrans d’ordinateur interposés, usent de propos désobligeants pour exprimer leurs désaccords, on peut dire avec regret que nous n’avons pas tous gardé intactes, dans nos cœurs et nos esprits, les innombrables leçons d’humanité léguées à la postérité par l’illustre Dabaax, le rassembleur. Le peuple l’avait intronisé de ce titre et mis en lui son affection et sa confiance du fait de son attachement à la vérité, de sa capacité à dire des mots justes, bien sentis en mesure d’apaiser les cœurs, rapprocher des positions opposées et renforcer la cohésion sociale. Impartial en toute chose, il est resté objectif jusqu’à son dernier souffle.

On le savait fatigué vers la fin de sa vie, mais la maladie, exténuante fût elle, n’a jamais su altérer sa volonté de modeler chaque être à l’image du prophète Mohamed saws. À coup sûr, Mame Abdou se serait aujourd’hui naturellement positionné à l’avant-garde du combat pour l’arrêt du massacre de membres de la minorité musulmane des Rohingyas en cours en Birmanie, car le respect de la dignité humaine était pour lui une loi fondamentale. Il était doué des plus précieuses et des plus hautes qualités de cœur.
Qu’Allah l’accueille avec bienveillance.
                                                                                                                                Souleymane DIEYE

mercredi 14 septembre 2016



Mame Abdoul Aziz Sy Dabaax, 19 ans après !



Soustraite à l’emprise du temps, son œuvre raconte son histoire. Il a vu le jour et grandi dans un merveilleux espace d’écriture et de savoir structuré par son illustre père El hadj Malick Sy (rta). C’est dire que le commencement annonçait déjà l’aboutissement. Mame Abdou portait en lui le message du Prophète Mohamed (saws) avec une capacité impressionnante à l’expliquer, le traduire en actes, le transmettre. Dix-neuf ans après son rappel à Dieu, c'est toujours avec la même émotion que tous ceux qui l’ont connu se remémorent le souvenir de notre regretté grand père et guide, unanimement apprécié et admiré.
Il a réformé tant de cœurs et influencé tant de choix de vie. C’est encore un honneur tout autant qu’une peine d’évoquer ses hauts mérites d’homme, son courage admirable, sa tempérance remarquable et ses messages visionnaires.
Son pseudonyme  Al-Dabbâgh (le tanneur), affectueusement converti par le plus grand nombre en « Daa baax » pour dire simplement « il est bon », est hérité de son homonyme Shaykh Abd al-'Azîz al-Dabbâgh. Ce grand maître spirituel est l’auteur du Kitâb al-Ibrîz (le Livre de l'or pur), ouvrage que Mame Maodo était en train de lire au moment où on lui annonçait la venue au monde du rassembleur.
Mame Abdou vous fascinait à première vue et vous témoignait toujours un respect cérémonieux et sincère, quels que soient le statut et le rang que la société pouvait vous attribuer. Son écoute n’avait pas de limite et vous étiez toujours sûr de trouver chez lui le secours et l’honneur que la société pouvait vous refuser pour une raison ou pour une autre ; le droit à la dignité étant pour lui un principe de base.
Dans ce monde du tout-argent, les hautes sphères de la société sont habituellement réservées aux décideurs politiques et aux opérateurs économiques de renom ; c’est connu. Quant à Mame Abdou, son cœur était sa cour et était ouvert à tous. Il faut lui avoir rendu visite pour vous rendre compte que vous y aviez votre place. Aujourd’hui encore, quelle que soit l'immensité de la détresse qui vous assaille, il vous suffit de convoquer le souvenir de sa présence joyeuse et stimulante, de l'écouter pour se sentir bien.
Au soir de sa vie, alors que son état de santé commençait à réagir par des signes de flexion, il récusait encore l’indifférence et la passivité face à la dépravation morale de l’humanité. Il continuait à promulguer ses précieux enseignements avec une voix certes affaiblie, mais avec une ténacité dans l’effort et une constance que seule la mort pouvait arrêter.
Mame Abdou a magnifiquement rempli sa mission. Sa  foi immuable en Dieu, sa maîtrise des sciences islamiques, sa bonté, son courage et son sang-froid dépassent tout entendement. Son héritage est entre nos mains, chacun d’entre nous se doit de le faire vivre.