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mardi 22 septembre 2015

Mame Abdoul Aziz SY Dabaax, dix huit ans après!



Revisiter la vie de Mame Abdou, c’est comme lire un recueil de toutes les recommandations divines ;  sa conduite irréprochable lui valut l’admiration de tous. Il était l’une des figures les plus marquantes dans la chaîne de transmission du message du prophète Mouhamed saws. En ce sens, il s’est attelé,  sans repos, jusqu’au 14 septembre 1997, à repousser les frontières de l’ignorance.
Nous le savons également, plus le périmètre de la vérité s’élargit, plus celui de la complaisance se rétrécit. Ainsi, sa conception de la tolérance, si forte fût-elle, ne l’a jamais empêché de placer l’exigence de vérité et le respect des règles de vie édictées par le Créateur Suprême au dessus de tout le reste, pour que l’interaction sociale se déroule de la meilleure des manières. Ceux qui l’ont connu n’oublieront jamais l’homme à la fois avenant et véridique qu’il a été.
Mame Abdou était immensément accueillant et appréciait les nouvelles rencontres comme si tous ses visiteurs étaient de vieilles connaissances, des amis de toujours. Chez lui, le respect de l’autre ne prenait en compte ni les titres, ni les soi-disant inégalités de naissance, ni les grades qu’il considérait comme secondaires. Tous les humains, toutes les créatures méritaient son attention.
Posséder ne l’intéressait guère. Il savait aider l’autre à se méfier de ce qu’il veut, si ses désirs et ses ambitions n’étaient pas en phase avec les valeurs de l’islam. Il savait aider l’autre à puiser dans la foi les ressources nécessaires pour dominer ses souffrances et même en tirer le meilleur profit, lorsque sa vie était soumise aux épreuves les plus dures. Il avait toujours le propos qu’il faut pour aider l’autre à éviter l’envie du pire et rester debout dans les moments difficiles.
Le Sénégal a confié à sa mémoire la vie de Mame Abdou et convoque, à chaque fois que nécessaire, ses messages de raison et de salut pour ramener la sérénité dans les cœurs et renforcer la cohésion sociale. Il savait aider l’autre à éviter la honte éternelle qui peut découler des plaisirs éphémères enrobés dans les interdits divins, mais aussi les pièges de l’aisance, de l’abondance pouvant conduire à la suffisance voire l’arrogance. Son exemple rappelle à chacun d’entre nous la nécessité de dévouer sa vie à sa communauté en donnant toujours de sa personne dans les petits gestes quotidiens.
Nous pleurons certes d’avoir perdu Dabaax, mais nous nous réjouissons beaucoup plus de l’avoir connu. Qu’Allah l’accueille dans son paradis éternel.

Mame Abdoul Aziz SY Dabaax, 17 ans après !



Il s’en est allé à l’âge de 93 ans, mais j’estime toujours que sa tombe s’est très tôt ouverte. Comment puis-je m’empêcher d’être nostalgique ? Loin de moi l’idée de vouloir idéaliser le passé, mais comment puis-je oublier les messages visionnaires de cet érudit habité par une forte conviction aux valeurs de solidarité et lucide dans ses conseils ? Il est des passés omniprésents, et toutes ces voix qui  s’élèvent en ce jour, pour rappeler ce que fut le rassembleur dont nous pleurons encore la disparition, en témoignent.
Mame Abdou donnait à chacun une écoute totale et savait être en empathie pour mieux comprendre et aider l’autre au point que chacun d’entre nous croyait être son préféré. Que nenni ! Nous tenions tous la même place dans son cœur et il n y avait pas de limite à ce qu’il pouvait déployer comme effort pour le bien de son prochain, pour une humanité juste.
« Je suis votre ami », avait-il dit, avec sa voix paisible et sincère, à une horde d’étudiants de l’UCAD irascibles, dans un contexte de crise universitaire marqué par des protestations violentes qui allaient visiblement mal finir. Dans un langage simple et juste, il avait sollicité du Président de la République d’alors la satisfaction des doléances légitimes contenues dans leur plateforme revendicative. Il y avait un dynamisme permanent dans son action et on ne pouvait rien refuser à cet éducateur exceptionnel, animé par un idéal de justice sociale, qui aimait purement et simplement son peuple.
Toute la vie de Mame Abdou était ordonnée à une seule et unique activité : Servir Allah. Cela se traduisait par son attachement indéfectible aux préceptes de l’islam, ses sermons impérissables pour éclairer notre façon de vivre, ses prières en faveur de tous les peuples et de toutes les créatures sans exclusive, ses interventions saisissantes qui dénouaient les crises les plus complexes etc.
Fidèle auditeur et éminent transmetteur de la Parole de DIEU,  Mame Abdou ne traversait aucune journée sans augmenter son capital en bonnes actions. L’œuvre de toute sa vie se rapporte à la poursuite de la mission du prophète Mohamed (saws), et on ne l’a jamais vu mettre en sourdine ses convictions ou procéder à une interprétation tendancieuse des vérités divines pour plaire ; pratiques si fréquentes sous nos latitudes. 
Au nom de ce qui précède, j’invite certains acteurs des espaces politique et judiciaire qui se disputent le rôle d’insulteur en chef à se départir de leurs préoccupations à la fois partisanes et égocentriques, en suivant les enseignements de Mame Abdoul Aziz SY Dabaax qui avait mis son savoir et son temps au service du collectif, sans calcul aucun.
Que le paradis soit sa demeure éternelle.