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dimanche 24 août 2008

A Dakar, 2.000 à 3.000 manifestants pour la défense des journalistes

DAKAR (AFP) — Quelque 2.000 à 3.000 personnes ont participé samedi à Dakar à une "marche nationale des journalistes", exigeant "l'arrêt de la campagne de diabolisation, d'intimidation et de destruction des biens menée contre la presse". "Stop à la violence", "non aux agressions policières", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par des manifestants vêtus de noir en signe de protestation. Ils répondaient à l'appel du Comité pour la défense et la protection des journalistes (CDPJ), créé après l'agression, le 21 juin, de deux reporters sportifs (des radios privées RFM et WADR), violemment frappés par des policiers après un match de football. La marche dénonçait aussi les "attaques", le 16 août, de deux quotidiens sénégalais: selon le CDPJ, des hommes de main avaient surgi dans les locaux de l'As et de 24h Chrono pour asperger le personnel de gaz lacrymogène et détruire des ordinateurs. Cette campagne vise à avoir une presse sous ordre dans ce pays, les commanditaires peuvent déchanter, leur combat est perdu!", a déclaré à la foule Ibrahima Khaliloullah Ndiaye, grand reporter au journal Le Soleil (gouvernemental), lisant une déclaration du CDPJ.

Le Comité a exigé "des sanctions administratives exemplaires" contre les policiers coupables de l'agression du 21 juin et demandé aux pouvoirs publics "la protection, en tout lieu et en toute circonstance, des professionnels de l'information". "Nous interpellons l'Etat pour qu'il mette fin aux agissements du ministre Farba Senghor, qui veut faire régner la terreur, a déclaré Mamadou Iba Kane, directeur de Radio Futurs Médias, propriété du chanteur sénégalais Youssou Ndour. Le 14 août, le ministre des Transports aériens Farba Senghor, également secrétaire national à "la propagande" au Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir), s'était donné "le droit de riposter" à "une série d'agressions excessives d'une certaine presse", en déclarant ne voir "aucune différence entre violence verbale, violence écrite et violence physique". "Il avait signé avec préméditation les crimes contre ces journaux! C'est lui qui est derrière l'attaque menée par les nervis malgré ses dénégations", a accusé M. Iba Kane. Le ministre avait affirmé le 19 août n'être "mêlé ni de près ni de loin à la commission de ces actes", mais avait semblé les justifier en déclarant que "quand on sème le vent, on doit s'attendre à récolter la tempête". M. Senghor avait ensuite appelé à "une purge" parmi les journalistes, en écrivant: "Il faut être naïf pour espérer être en sécurité quand on passe tout son temps à injurier des khalifes généraux, des autorités et des responsables de famille".

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