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mercredi 31 octobre 2007

La Réunion Du Comité Directeur Du Pds Tenue Un Jour à L’avance: La Fin Pour Macky Sall, Le Retour De Idy ?

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Seneweb.com: Mercredi 31 Oct 2007

La réunion du Comité directeur du Pds se tient ce mercredi, soit un jour avant la date indiquée précédemment. Cette réunion, très attendue par les observateurs, est la première après la crise ouverte sous forme épistolaire, entre le président de la République et le président de l’Assemblée nationale. Des voix autorisées, dont celle du porte-parole du Pds et celle de l’ancien ministre Khoureichi Thiam, ont ouvertement demandé la démission de Macky Sall de la présidence de l’Assemblée nationale et de son poste de numéro deux du Pds.
Une situation de crise qui intervient alors que le retour d’Idrissa Seck devrait, selon toute vraisemblance, être effectif suite à cette réunion. C’est depuis Paris que le président Wade avait indiqué que sa réintégration devait être décidée par le Comité directeur, conformément à la demande de l’ancien Premier ministre et actuel président de Rewmi. C’est ce même Comité directeur qui l’avait exclu du Pds. Il semble que la seule place que puisse accepter Idrissa Seck est celle de numéro deux, et donc de fait la déchéance de Macky Sall, dont les proches ont demandé au président de la République de jouer « franc jeu ». Plus que la Toussaint, c’est ce sentiment de défi qui aurait exaspéré le président de la République, pour justifier la convocation du Comité directeur un jour à l’avance. Macky Sall va se retrouver dans un Comité directeur presque tout acquis au fait qu’il devrait quitter la gestion du Pds, à défaut de démissionner de la présidence de l’Assemblée nationale. Le président Wade, après la convocation de son fils pour s’expliquer à l’Assemblée nationale, n’a pas daigné parler à Macky Sall, mais a préféré lui adresser une correspondance dans laquelle il l’accuse d’avoir violé les règles de l’institution qu’il dirige. Une faute qui, apparemment, peut se payer au prix fort.

Auteur: Senewebnews

dimanche 14 octobre 2007

IMMIGRATION CLANDESTINE :

Kuami Mensah Gnonnas, fils du grand Salsero Gnonnas Pedro, voulait gommer cette image d’une Afrique sale, affamée et accroupie dans un trou à Valencia.

Le logement est réservé aux personnes en situation régulière,
l’hébergement d’urgence, lui, fonctionne selon le principe de l’accueil inconditionnel.
Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives en France.

À la devanture de la mosquée du centre culturel islamique de Valencia situé sur la career Arquitecte Rodriguez, au croisement avec l’avenida Primado Reig, après la prière du vendredi, des modou-modou plaisantaient avec un groupe d’africains en les surnommant modou-mbott (comprenez modou-grenouille). J’appris plus tard que, c’est ainsi que les anciens désignaient les nouveaux immigrés clandestins arrivés à bord de pirogues de fortune. En embarquant dans les pirogues, ils avaient tous fait leurs, le slogan des Harraga* consistant à dire qu’il vaut mieux être dévoré par les poissons que par les vers de terre. Dieu merci. Contrairement à des milliers d’autres qui ont été fâcheusement engloutis par l’Atlantique, ces miraculés ont bien échappé à la mort; mais pas encore au dénuement. Ils ont fait naufrage sur la terre ferme. Après avoir séjourné pendant quarante jours dans une prison des îles Canaris qui porte le nom adouci de centre d’accueil ou quelque chose comme ça, ceux dont les pays d’origine n’ont pas d’accord de rapatriement avec l’Espagne sont toujours acheminés par groupes dans les différentes villes du pays, abandonnés à eux mêmes et paradoxalement sommés de quitter le territoire espagnol. Comme les autres villes du royaume, Valencia reçoit régulièrement son quota de désoeuvrés.
Des premiers arrivés, les uns passaient la journée dans un grand parking situé à proximité du terminal des autobus pour indiquer aux conducteurs des places libres moyennant quelques centimes d’Euro, les autres s’adonnaient à la vente de CD piratés et de contrefaçons de vêtements de marque, ce qui les exposait à la furie des agents de police qui les traquaient comme s’ils étaient des tueurs en série. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux ont renoncé à la collecte des fruits dans les vergers car, contrairement à ce qui se raconte au pays, ce travail ne dure que quelques semaines et profite moins aux collecteurs qu’aux propriétaires de fourgonnettes chargés de les recruter. Ils contractent avec les travailleurs à la place des propriétaires des champs et récupèrent les salaires hebdomadaires qui ne leur sont pas toujours reversés ou pas intégralement. Plusieurs fois, des recruteurs exploiteurs de misère ont changé de zone d’opération en disparaissant avec les rétributions des collecteurs en situation irrégulière, incapables d’élever la voix car étant travailleurs en noir et sans interlocuteur. Ils établirent domicile dans un coin du Rio qu’ils avaient fini de transformer en hôtel-plein-air. Le Rio de Turia est une longue et jolie promenade supplantée sur toute son étendue par des ponts à partir desquels on peut admirer la beauté des lampadaires et des arbres superbement taillés qui le bordent ainsi que la verdeur éclatante du gazon qui lui offrent toute sa fraîcheur et sa splendeur. Des bancs sont installés tout le long du parcours pour accueillir les promeneurs fatigués, les amoureux, les adeptes de la méditation etc. Du haut du pont Adémus, certains passants observaient avec dégoût, d’autres avec compassion cette misère noire des noirs exposés à la chaleur le jour, à la fraîcheur la nuit, et parfois au vent et à la pluie qui semblaient toujours vouloir les emporter afin que cette partie du Rio retrouva enfin sa propreté et son charme d’antan.
C’est en traversant ce pont un jour, que Kuami Mensah Gnonnas tomba sur ce spectacle abaissant que les touristes photographiaient à longueur de journée et se fixa comme but de gommer au plus vite cette image d’une Afrique sale, affamée et à genoux dans cette promenade souterraine de Valencia. "Quelque soit leur statut" dit-il "ils ont droit à la dignité humaine". Il sollicita la collaboration de responsables de nombreuses associations et d’entreprises de la place pour l’organisation d’un concert dont les recettes allaient servir à trouver un toit à ses frères en détresse. En attendant la mise en œuvre de cette première initiative, ils venaient régulièrement leur apporter des sandwichs et de l’eau. Lors de la première réunion de préparation de l’évènement, il apprit que plus d’une vingtaine de ces jeunes, très mal en point, avaient été récupérés par une espagnole du nom de Maria qui prenaient soin d’eux gracieusement et que mère Nguénar, une rufisquoise qui tient un restaurant en ville en avait hébergé autant. Ils dormaient sur des matelas dispersés dans tous les coins et recoins de son appartement. On la surnomme maman Africa. Le fils à mère Nguénar quant à lui, invitait ceux qui n’avaient pas de place à la maison à passer au moins prendre une douche de temps en temps et avaler quelque chose s’il en restait au resto de sa mère. Et pourtant, ni lui, ni sa maman n’avaient les moyens de leur générosité.

Secondé par son amie Patricia, Kuami anima un grand concert qui mobilisa tout Valencia et lui permit de récolter une importante somme d’argent dont il se servit pour louer un local assez commode qu’il baptisa Centre Baobab. Il l’équipa grâce au soutien d’un officier de l’armée espagnole et y logea tous ces africains considérés comme des rebuts de l’humanité, procéda à leur recensement, leur trouva des carnets de santé afin qu’ils puissent bénéficier de soins médicaux en dépit de leur statut de clandestins, mobilisa un collectif d’avocats qui offrirent affablement leur service en introduisant des recours pour supprimer l’ordre qui leur était intimé de quitter le territoire espagnol. D’autres volontaires se manifestèrent et commencèrent à leur dispenser des cours d’espagnole. Ces actions le poussèrent à mettre en place une association dénommée Musiclini-K-Baobab réunissant des personnalités influentes et travaillant de concert avec l’ONG Askan wi présidée par Maka LO, un sénégalais partageant son temps entre l’écriture, son taxi, et cette structure qui œuvre pour une nouvelle conception de l’immigration et de l’intégration. Cet élan de solidarité fut cependant embrouillé un temps par un autre sénégalais accusé d’être un grand spécialiste de la récupération politique qui, par un discours mielleux et très convainquant, parvint à déloger les modou-grenouille en leur promettant des papiers en règles et une vie meilleure ailleurs qu’au Centre Baobab. Deux semaines après avoir quitté cette bulle de sécurité sur la base de promesses politiciennes, ils se retrouvèrent tous encore dans la rue et interdits de séjour sous le pont Adémus. Ceux d’entre eux qui tentèrent de retourner squatter le Centre fermé après leur départ, ont été chassés comme des malpropres par le propriétaire des lieux.
Excédés par cette pénitence continue, plusieurs modou-grenouille se rendirent à un poste de police pour solliciter leur rapatriement sur Dakar. Après s’être bien marrés, les policiers leur demandèrent de reprendre les pirogues en direction de l’Afrique puisqu’ils connaissaient déjà la route. Jamais cette ville n’avait connu autant de sans abris et de déficients mentaux. Très peu de nouveaux venus sont hébergés chez les anciens immigrés et pendant tout ce temps, les échanges aigres doux se multipliaient entre la municipalité de Valencia et le pouvoir central qui se rejetaient la responsabilité de la situation. Toujours déterminés, Kuami et ses amis continuèrent à mener une campagne de sensibilisation destinée à alerter l’opinion sur la nécessité de voler impérativement au secours de ces desperados qui portaient tous des séquelles de la traversée de l’Atlantique. Devant l’aggravation de la situation, Patricia, Maria et un curée menacèrent d’entamer une grève de la faim dans le but d’inciter les décideurs à ouvrir un centre d’hébergement d’urgence pour accueillir les immigrés clandestins plongés brutalement dans cet environnement d’une férocité sans bornes. C’est finalement la décision prise par les autorités locales de recevoir les membres du bureau de l’association Musiclini-K-Baobab le mercredi 10 octobre 2007 et leur promesse de traiter la situation avec tout l’humanisme nécessaire qui les a dissuadés de passer à l’acte.
Avec l’accord des modou-grenouille, Kuami Mensah Gnonnas souhaite utiliser les récits recueillis ainsi que les images de cette misère d’une profondeur insondable pour tenter de dissuader les jeunes restés en Afrique à renoncer à cette forme d’immigration déshumanisante. Les candidats à l’immigration clandestine ont tous une perception statique purement photographique de l’Europe et l’ampleur catastrophique que ce phénomène a prise ces dernières années invite chacun de nous au difficile combat pour son éradication. Face à une telle tragédie qui est en train de rétrécir gravement nos familles en les amputant des adolescents que les parents considèrent comme leur assurance retraite et que la nation considère comme son avenir, nous avons tous une responsabilité citoyenne en marge de ce que les gouvernants peuvent impulser.

Souleymane DIEYE
*harraga : nom donné aux candidats à l’immigration clandestine
ressortissants des pays du maghreb.

dimanche 7 octobre 2007

Sarkozy, Par Ignacio Ramonet

Numéro d'Octobre 2007
Charmées par sa verve et son brio, comme des enfants le furent jadis par l’habile flûtiste de Hamelin, maintes personnalités de tous bords avaient succombé à la magie de M. Nicolas Sarkozy. D’autant que les grands médias n’ont cessé de le glorifier en se livrant à une opération d’intoxication de masse. Il s’est ainsi produit en France une sorte d’hypnose collective devant un président possédé par une hyperactivité déconcertante et un bouillonnement d’initiatives souvent fumeuses. Les yeux commencent à se dessiller alors que la vraie nature du bateleur, libérale et brutale, se dévoile. C’était clair dès les premières annonces économiques et sociales (imposition des hauts revenus, bouclier fiscal, droits de succession, franchises médicales, heures supplémentaires), fidèles à l’essence même du néolibéralisme. Et c’est devenu encore plus évident depuis les allocutions de M. Sarkozy à l’occasion de l’université d’été du Mouvement des entreprises de France (Medef), le 30 août, et à l’occasion du 40e anniversaire de l’Association des journalistes de l’information sociale (AJIS), le 18 septembre (
1).
« La priorité, a jugé M. Sarkozy, c’est de traiter la question des régimes spéciaux de retraites », qu’il faut « réformer sans tarder », parce que « les différences de situations qui justifiaient tel ou tel avantage particulier créé avant la seconde, voire la première guerre mondiale, ont largement disparu ». La réforme doit aboutir à un nouvel allongement de la durée de cotisation des salariés à quarante et une annuités, contre quarante actuellement. Il a aussi annoncé l’ouverture d’un « grand débat sur le financement de la santé » car, selon lui, « l’assurance-maladie n’a pas vocation à tout prendre en charge ». Une partie devrait « relever de la responsabilité individuelle à travers une couverture complémentaire ». En d’autres termes, d’une assurance individuelle privée, à la charge du patient, comme aux Etats-Unis, où près de cinquante millions de personnes sont dépourvues de couverture maladie (
2).
Le président a redit son intention d’« aller plus loin » dans la démolition « incontournable » de la réglementation sur la durée hebdomadaire de travail, fixée à trente-cinq heures. Il a ajouté qu’il souhaitait la suppression du système des préretraites. Et qu’il avait l’intention de définir « des procédures et des sanctions, à la fois plus efficaces, plus fermes » contre les chômeurs qui refuseraient deux offres d’emploi. Une attaque aussi frontale contre les conquêtes sociales est pour ainsi dire inédite, et les forces de gauche ne se trompent pas lorsqu’elles dénoncent « la plus vaste offensive anti-sociale de ces cinquante dernières années (
3) ». Affirmée le 27 août, devant la conférence des ambassadeurs de France, la nouvelle ligne en matière de politique étrangère a de quoi atterrer. En ce qui concerne le Proche et le Moyen-Orient, elle constitue une révolution copernicienne par rapport à la position internationale de Paris, telle que l’avait fixée le général de Gaulle, dès 1958, lors de la fondation de la Ve République. Confirmant son alignement sur le président George W. Bush et sur les thèses les plus dures des néoconservateurs, M. Sarkozy reprend à son compte l’idée que le « premier défi, sans doute l’un des plus importants » auquel doit faire face la France est « une confrontation entre l’islam et l’Occident ». Indépendamment de l’absurdité qu’il y a à poser le problème en ces termes, pas un mot sur les torts de Washington ou sur l’effet de pourrissement provoqué par le non-règlement du conflit israélo-palestinien.
Le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner a pour sa part pu déclarer que la guerre contre Téhéran était une option envisageable. C’est pour s’y préparer que le ministre de la défense Hervé Morin a laissé entendre que la France pourrait reprendre toute sa place au sein de la structure militaire intégrée de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Tacticien talentueux et maître manœuvrier, M. Sarkozy a révélé ces dernières semaines, en s’aventurant dans le champ social et dans celui de la politique étrangère, qu’il n’a rien d’un stratège. Il ne sait pas voir loin.
Source : Le Monde Diplomatique
Ignacio Ramonet. Rédacteur en chef du Monde Diplomatique.

lundi 1 octobre 2007

Le Conservateur de la maison des esclaves de Gorée a raison de se taire.

La décision du vieux de ne plus élever la voix au sujet de la normalisation de son statut se comprend. Á son âge, il ne peut plus passer son temps à braver les embouteillages et gravir les escaliers menant aux bureaux des décideurs. Il préfère attendre. Espérons tout simplement que l’attente ne se prolonge indéfiniment. Toutefois, il ne privera jamais les nombreux pèlerins qui se rendent quotidiennement à Gorée de ses enseignements, son esprit combattant le lui interdit. Son seul jour de repos, c’est le lundi et plusieurs fois, il s’est trouvé dans l’obligation citoyenne de renoncer à ce repos hebdomadaire parce qu’un ministre ou une autre autorité souhaitait se rendre à Gorée en compagnie d’invités venus de loin. Je suggère à ces autorités de lui rembourser, la prochaine fois, ses frais de déplacement au moins. Eh oui. Il n’a que son âme pour avancer. Mais il tient à servir son peuple jusqu’à terme. Sans Boubacar Joseph NDIAYE, la maison des esclaves perd la voix et les insulaires vivent mal les absences du « grand père ». Il me plaît à rappeler que tous les grands hommes de ce monde ont leur nom associé à une région et que le sien se présente comme un timbre collé sur le dos de Gorée. Ces derniers jours, le vieux est réconforté par les témoignages de sympathie venant de nombreuses personnes qui réagissent des quatre coins du monde à cette campagne de sensibilisation rendue possible grâce à la partition des organes de presse nationaux et internationaux.

Les turfistes lancent un SOS en faveur de nos valeureux chevaux malmenés par la peste équine. Les cheminots vont marcher de Thiès à Dakar pour réclamer « leur fric » au gouvernement. Les anciens du Parti au pouvoir prévoient de marcher à Kaolack pour exiger leur part des victoires. Récemment, pour réclamer 20 millions de francs de ristournes devant servir au fonctionnement des amicales des étudiants de l’Université Cheikh Anta DIOP, les délégués séquestrèrent le Secrétaire Général de l’Université. Les syndicats se massifient tous les jours, sachant que force numérique est synonyme de force de négociation, de pression même. Et nous n’avons qu’un seul Conservateur de la maison des esclaves. Je trouve donc que le seul syndicat qui doit élever la voix pour qu’il reçoive enfin le traitement honorable qu’il mérite, c’est les jeunesses d’ici et ailleurs qui sont les grands bénéficiaires de ses enseignements. Sa situation sociale doit impérativement changer en mieux, parce que ça ne peut plus attendre et ça ne doit plus attendre. Allons donc vers la mise en place d’un collectif regroupant tous ceux qui se sentent concernés par cette cause. Mais en attendant, continuez à envoyer vos messages d’amitié, ça lui recharge les batteries.

Monsieur le Président de la république disait qu’il était un entraîneur avec à sa disposition onze millions de sénégalais interchangeables. J’ajoute, qu’il est aussi un Chef d’Etat entouré de onze millions de conseillers qui ont tous l’obligation de lui apporter les suggestions qu’ils pensent nécessaires à la bonne marche de la nation. Puisque le conservateur de la maison des esclaves est unique, le conseiller de fait que je suis vous suggère, monsieur le Président, de lui consacrer encore une fois un morceau de temps ou même de le prendre avec vous dans la pointe du Sangomar lors d’un de vos déplacements ; je suis sûr qu’il ne vous parlera pas de ce ministre qui disait à des pèlerins étrangers que le soutien financier qu’ils voulaient lui apporter n’était pas nécessaire parce « qu’il était bien payé ». Je suis sûr qu’il ne vous parlera pas non plus de cette autre autorité qui n’hésita pas à distribuer plusieurs dizaines de ses propres livres à des visiteurs sans les payer. Il ne vous parlera pas, j’en suis sûr, de toutes ces personnes qui ne cessent de poser des actes frustrants qui le tirent d’avantage vers le bas. Ce dont je suis sûr, est que c’est le seul moyen, après avoir pris en charge ses frais médicaux alors qu’il était gravement malade, de prendre connaissance de sa situation sociale et corriger personnellement, alors qu’il est encore temps, ce résidu de lacunes laissé par le défunt régime. Et l’UNESCO dans tout ça !

Souleymane DIEYE
jeey63@yahoo.fr

L’immigration clandestine vers l’Europe prend de l’ampleur

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Des fonctionnaires parmi les harraga

Frantz Fanon, psychiatre antillais, militant de l’indépendance algérienne au sein du FLN, avait publié durant les années 1960 un livre intitulé Les Damnés de la terre.

Le titre de ce livre de référence a été emprunté et revu par Djamel Ould Abbès, ministre de la Solidarité nationale, qui qualifie aujourd’hui, en 2007, de damnés de la mer les candidats à l’émigration clandestine, appelés communément les harraga. A l’ouverture de la rencontre-débat, autour des jeunes expulsés d’Europe et des harraga, organisée ce jeudi par le département de M. Ould Abbès, une minute de silence a été observée en hommage aux personnes décédées en mer en tentant via une barque de fortune d’atteindre leur destination de rêve, d’aller vers un monde meilleur. Plus de 2340 immigrants clandestins algériens ont été secourus en pleine mer ou interceptés sur les côtes au cours de ces trois dernières années. Près d’une vingtaine de harraga trouvent la mort chaque année au large des côtes algériennes avant d’arriver à leur destination en Europe. 761 ressortissants ont été rapatriés de l’Espagne durant uniquement le premier semestre 2007. D’aucuns estiment que ces chiffres sont effrayants, d’où la nécessité d’enclencher une réflexion et de mettre en place une stratégie de prise en charge de cette population fragile, et ce, afin de faire face à ce fléau. Ce phénomène de harraga est nouveau et étrange, selon le représentant du gouvernement. Il a pris des proportions alarmantes depuis l’an 2000. La rencontre de jeudi, première du genre et à laquelle ont assisté des représentants de ministères et de la société civile ainsi que des diplomates de 13 pays africains et européens, a permis de lever le voile sur une situation dramatique et une réalité amère. L’émigration clandestine ne touche pas uniquement le jeune chômeur en quête d’un emploi dans son pays de rêve, mais aussi des fonctionnaires, des étudiants, des commerçants, des femmes, des handicapés, des enfants âgés d’à peine 12 ans. En somme, la catégorie concernée par le phénomène de harraga est la couche moyenne. La mal vie, la pauvreté, le sentiment d’exclusion, le manque de perspectives d’amélioration des conditions de vie, le bien-être, la découverte d’autres horizons sont autant de facteurs déclenchants qui poussent ces Algériens à affronter la mer, à prendre des risques démesurés pour rejoindre l’Espagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, la France ou alors la Suisse. Auparavant, la France était la destination la plus prisée par les harraga, aujourd’hui la donne a changé de même que le lieu d’embarquement. 65% des personnes qui tentent de prendre le large de manière clandestine sont originaires de l’Ouest, 34% du Centre, 1,5% de l’Est et 1% du Sud. Le slogan tant adoré et scandé par les harraga est : « Vaut mieux être dévoré par les poissons que par les vers de terre ». De par le passé, l’Algérie était un pays de passage, aujourd’hui il est devenu un pays fournisseur d’émigrants clandestins. La gendarmerie et les forces navales ont renforcé dans un premier temps la sécurité sur la côte ouest, notamment Oran, Tlemcen, Mostaganem, et par la suite sur la côte est, à savoir Annaba. La sûreté nationale a tiré la sonnette d’alarme au début des années 2000. Un représentant de la DGSN a qualifié de clément le dispositif législatif se rapportant à la lutte contre l’émigration clandestine, l’intervenant a évoqué son insuffisance et sa faiblesse d’où l’impératif de son durcissement. En présentant l’état des lieux, les représentants du ministère de la Solidarité ont donné le nombre d’expulsés (des personnes ayant purgé une peine de prison) et des reconduits (des personnes interpellées lors d’un contrôle de police). Ces trois dernières années, il y a eu 5408 expulsés et 10921 reconduits. Selon M. Ould Abbès, 4000 à 5000 immigrés illégaux tentent de rejoindre les pays de l’Union européenne et 2,5 millions résident de manière illégale en Europe. Dans son intervention, l’officier des forces navales algériennes a révélé que plus de 2340 harraga ont été interceptés en pleine mer ou sur les côtes algériennes durant la période 2005 à 2007. L’intervenant a souligné que 1302 de ces candidats à l’émigration clandestine ont été interceptés au large et sauvés d’une mort certaine, tandis que les autres ont été appréhendés sur les côtes (plages ou ports) au moment où ils s’apprêtaient à embarquer. Depuis le début de l’année 2007 et jusqu’à septembre en cours, 918 harraga ont été sauvés, alors que 1382 ont été interceptés par les forces navales en 2006 contre 336 en 2005. L’intervenant explique dans ce contexte que l’émigration clandestine s’opérait avant septembre 2005 à partir de Beni Saf dans la wilaya de Aïn Témouchent et s’est étendue par la suite le long de la côte ouest du pays jusqu’à Mostaganem. L’officier des forces navales admet que malgré la vigilance de leur institution, le nombre de harraga interceptés en pleine mer a augmenté entre 2005 et 2006, ajoutant néanmoins que « grâce à la coopération des forces navales avec la Gendarmerie nationale et la direction de la Sûreté nationale, le nombre des harraga interceptés en mer a baissé en 2007. En revanche, la côte est du pays a, par la suite, connu le même phénomène avec comme destination l’Italie, Annaba est devenu le lieu de rendez-vous : preuve en 2007 quelque 442 harraga ont été interceptés en mer au cours d’opérations de recherche et de sauvetage ». Pour faire face à ce phénomène qui prend de l’ampleur, le conférencier soutient que les forces navales assurent une surveillance permanente des côtes et une surveillance renforcée notamment sur les ports isolés. Evoquant l’aspect juridique, il estime que l’embarquement de manière clandestine sur des navires marchands à destination de l’étranger est un délit, mais aucun texte de loi ne punit le fait de prendre une embarcation de fortune, comme c’est le cas pour la plupart des harraga.Par ailleurs, Saïd Musette, chercheur au CREAD, a soutenu que les salariés sont les premiers qui sont tentés de quitter le pays, suivis des étudiants, puis des chômeurs... Le continent africain est particulièrement affecté. « L’émigration clandestine est liée à la proximité géographique. Le phénomène dépasse le Maghreb, et l’Algérie plaide pour un traitement global et non bilatéral, donc il faut initier un débat au sens large », a souligné M. Musette, qui estime que le phénomène de harraga a toujours existé, les clandestins se rendaient à leur destination prisée via le Maroc et la Tunisie. Toutefois, lorsque ces deux pays voisins ont renforcé le contrôle au niveau de leurs frontières, les harraga algériens se sont rabattus sur les côtesalgériennes.

Nabila Amir
Source: El Watan

ALPHA BLONDY


Il pleure à cause d’elles

Quelles musiques Alpha Blondy écoute-t-il ? Quelles sont celles qui le font pleurer comme une fille ? Comment choisit-il ses amis ? Mais mieux encore, à quelle heure se couche-t-il ? Prend-il un somnifère ? Voici un portrait assez inattendu de la star mondiale du reggae.


29/09/2007 - Il y a comme ça des artistes qui n’aiment pas écouter le résultat de leur propre inspiration, une fois sorti du studio d’enregistrement. Alpha Blondy fait partie de ceux-là. Le koro national n’aime pas trop s’écouter chanter. Et une fois un disque bouclé et mis sur le marché, il peut passer six, sept mois, voire plus, sans en entendre une note. En fait, le reggaeman s’investit tellement dans la préparation de ses albums qu’il a peur de se saturer en les réécoutant aussitôt. Jagger est mal à l’aise quand des gens qui l’invitent chez eux ou au maquis croient lui faire plaisir en lui servant le dernier… Alpha Blondy. Même quand ses disques ont des années derrière eux, ce n’est pas très évident qu’Alpha ait envie de les écouter.«Il y a des chansons d’Alpha Blondy qui me font pleurer chaque fois que je les écoute. Par exemple, Afri Loué, Téré …qui font que je me souviens de mes amis, des différentes périodes de ma vie…» Confie la star.

Si Jagger n’aime pas s’écouter, c’est parce qu’il cherche toujours à rentabiliser le temps qui passe. Plutôt que de s’amuser à s’extasier devant ses propres prouesses.

Ainsi, aussi surprenant que cela puisse paraître, Alpha Blondy, dont on connaît le fort penchant pour les blagues et les parties de rigolades, ne s’amuse… jamais. Du moins, pas autant que ses attitudes peuvent le laisser supposer. Il a même fait sien ce proverbe baoulé : «Be kan man ngowa ngowa bo», littéralement : «on ne crée pas un autre amusement là où on s’amuse déjà». Pour dire qu’en réalité, tout ce que l’artiste fait contribue à améliorer son boulot. «Quand je suis avec des amis, je raconte toujours des blagues…on a tendance à croire que je suis en train de m’amuser, mais ce n’est pas vrai. Je travaille, même si eux s’amusent en ma compagnie.»

Tenez, Jagger ne fête pas son anniversaire. Parce qu’il est «né vers» (on le dit de ceux dont la naissance n’a pas été déclarée en temps et en heure à l’état civil), alors, il n’en voit pas l’utilité. Mais par contre, il lui arrive d’organiser des fêtes anniversaires pour ses enfants. Des festivités au cours desquelles, on a rarement vu la star mondiale du reggae danser.

«La dernière fois que j’ai essayé de danser du zouk love, j’ai piétiné ma cavalière. Je danse très mal hors scène. Mais j’adore le zouk love. Quand tu as une nana bien, tu te colles à elle et entre vos deux pays, les relations deviennent bilatérales. C’est là que moi, mes pieds se mélangent», plaisante-t-il. Des difficultés à maîtriser le zouk love qui ne changent rien à son amour pour la musique. Alpha Blondy aime la musique, mais pas toutes les musiques. Ses choix musicaux sont, pour le moins, triés sur le volet. Et en général, ils sortent du catalogue de chanteurs à voix de notre pays. «J’aime souvent aller m’asseoir dans ma boîte de nuit. Le DJ connaît mes goûts musicaux alors, quand je suis là, il sait qu’il doit mettre Taxissougnon de Bailly Spinto.» Vous l’aurez compris. Jagger est fou de ce grand classique de la musique ivoirienne. Mais il n’y a pas que Bailly Spinto qui lui plait. Les titres «You o non» et «Les torpilleurs», respectivement de John Yalley et de Gadji Céli le font pleurer, comme une fille, chaque fois qu’il les écoute. En fait, dans sa voiture, Jagger peut jouer et rejouer le même morceau dix, vingt, cent fois sans interruption. Il lui arrive, par exemple, d’écouter la même chanson pendant toute la durée du trajet Abidjan-Yamoussoukro.

Mais dans chaque morceau de musique, il n’y a pas que les mélodies qui intéressent Alpha Blondy : «En fait, moi, c’est les fréquences des musiques qui me touchent. Ces fréquences-là ont un effet quasi chimique sur moi, un peu comme la chauve-souris… Dans ma discothèque, il y a des chansons comme Maquis lô, Mafélélé de Jimmy Hyacinthe, Féli d’Antoinette Konan, Kouklouzia de Lougah François, Anoa d’Ernesto Djédjé…» Confesse-t-il. Mélomane très averti, Alpha a aussi une solide réputation de noctambule. Avec des heures de sommeil pour le moins …élastiques. Ainsi, selon qu’il est en tournée ou pas, Jagger dort des fois à 19 heures, d’autres fois à 8 heures du matin.

«A cause des décalages horaires que je vis dans mes voyages, je suis très libre dans mes heures de sommeil et de réveil. Souvent, j’ai sommeil au moment où tout le monde est réveillé. Je peux passer toute la journée à dormir devant la télé. Et puis vers 1 heure du matin, j’ai envie de sortir. Et quand je sors, je rentre le lendemain à 7 heures ou à 8 heures.» Mais ne vous fiez pas à ses heures élastiques de coucher. Car quelle que soit l’heure à laquelle il se couche, Jagger boucle impérativement les douze heures de sommeil qu’il s’est imposées par jour. Sauf qu’il n’est pas dit qu’une star de sa trempe, avec la pression et le stress qui va avec, trouve facilement le sommeil. Alors pour dormir, Alpha a un «somnifère» imparable. «Je suis accro de la télé. Ma femme le sait. Donc quand je veux dormir, je me mets à poil, j’attache mon pagne baoulé, je me mets devant la télé, je mets un film bidon ou une émission bidon et puis je dors.»

Le sommeil d’une grosse star rime souvent avec solitude. Cette solitude qui prend les célébrités une fois qu’elles quittent les spots light. Qu’en est-il chez Alpha ? «Je ne me sens jamais seul. Il y a toujours un ami, une connaissance, un journaliste, un policier…avec qui je peux bavarder. Je suis multimilliardaire, plus que Bill Gates, mais en êtres humains. Parce que moi, ma richesse ici-bas, c’est l’être humain. L’autre richesse, c’est bien, mais ce ne sont que des billets de banque, des papiers numérotés.» Et Jagger de poursuivre :«Je n’aime pas la solitude alors je force en amitié. Si je veux que tu sois mon ami, tu seras mon ami. Tu as le droit de bouder comme tu veux, mais tu seras mon ami. Voilà pourquoi des fois quand je suis fâché avec mes «amis», je n’aime pas trop que des gens interviennent. Parce que autant je suis en colère et je dis des méchancetés sur-le-champ, le lendemain, un mois, six mois ou un an plus tard, je retourne vers mon ami. Pourquoi se faire ch…dans une vie où on dit que tchoko tchoko ça va finir par la mort. Donc tant qu’à faire, je veux donner le maximum d’amour. Je veux que Dieu soit fier de moi. Les gens qui m’aiment, c’est Dieu, les gens qui ne m’aiment pas, c’est aussi Dieu.»

S’il se dit plutôt fidèle en amitié, Alpha l’est-il également en amour ? «Je crois en la fidélité. Un homme est fidèle tant que sa femme ne l’a pas surpris avec une autre. Si on t’a attrapé, c’est que tu es infidèle. Alors arrange-toi pour ne pas qu’on t’attrape.» dit-il dans un gros éclat de rire. Sacré Jagger !

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Source: Top Visages